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Avoir le réflexe dépistage de la COVID-19 face à des manifestations inhabituelles

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Date de publication : 07/07/2020
Santé Publique

Si la fièvre et les signes respiratoires sont les deux principales manifestations de la COVID-19, d'autres types de symptômes sont volontiers présents, parfois de façon isolée, ce qui peut rendre le diagnostic difficile. Dans le cadre de l'intensification du protocole de détection des cas et de recherche des contacts, promue par le plan de prévention et de protection renforcé défini par le conseil scientifique COVID-19, un test de dépistage doit être prescrit au moindre doute. 


Dans un communiqué du 17 juin 2020, l'Académie de médecine dresse la liste des symptômes inhabituels qui doivent faire évoquer le diagnostic de COVID-19.

Des manifestations neurologiques
À côté des céphalées, qui concerneraient environ un quart des patients selon le travail de synthèse de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) du Québec, l'anosmie est une manifestation désormais bien reconnue de la COVID-19. La perte d'odorat, d'apparition brutale sans obstruction nasale, serait présente dans près de la moitié des cas, en particulier chez des sujets jeunes présentant une forme légère de l'infection, voire aucun autre symptôme.
À l'inverse, d'autres manifestations neurologiques, comme une ophtalmoplégie ou un syndrome de Guillain-Barré, se rencontrent  de façon exceptionnelle.  Un syndrome confusionnel ou des troubles mnésiques ont également été rapportés, surtout chez les sujets âgés. De même, des accidents vasculaires cérébraux ischémiques, liés à l'activité thrombogène du SARS-CoV-2, ont été décrits. Enfin, des douleurs constrictives, erratiques et durables, probablement d'origine neurologique, doivent aussi faire évoquer le diagnostic.

Des signes cutanés
Des atteintes cutanées de type pseudo-engelures, parfois douloureuses, ont été signalées, plutôt chez l'enfant et l'adulte jeune. Leur évolution est habituellement favorable en une semaine, mais elles peuvent récidiver. D'autres signes cutanés, comme une dyshidrose, des vésicules, une urticaire, un exanthème, des pétéchies ou un livedo sont plus rares.

Le syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique  
Des signes cutanés, avec un érythème puis une desquamation, ont également été décrits au cours de tableaux cliniques évocateurs de la maladie de Kawasaki survenant chez l'enfant. Ces manifestations cliniques, désormais appelées "syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique" (PIMS), débutent par des signes digestifs, notamment de fortes douleurs abdominales, suivies par un choc cardiogénique avec une fraction d'éjection effondrée. Les enfants concernés, âgés de 9 à 17 ans, sont plus âgés que dans la forme habituelle de la maladie de Kawasaki.

Atteintes endocriniennes et métaboliques 
La large distribution de l'enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (ACE2), récepteur du SARS-CoV-2, dans les différents organes (testicule, ovaire, hypothalamus, hypophyse, thyroïde, pancréas, etc.) explique sans doute l'éventail des manifestions endocriniennes et métaboliques pouvant être rencontrées au cours de la COVID-19. Un état de profonde fatigue, corrélé à la sévérité de la maladie, concernerait de 30 à 45 % des patients selon le travail de l'INESSS. Il pourrait en partie s'expliquer par un déficit de la production de testostérone.
Une hypokaliémie est fréquemment observée, conséquence probable de la fixation du virus sur l'ACE2 et de la synthèse accrue d'aldostérone. La lymphopénie, observée dans certaines formes graves, pourrait être liée à des situations d'hypocortisolisme. Thyroïdite subaiguë, hypocalcémie et hyperglycémie (favorisée par la majoration de l'insulinorésistance et une atteinte directe de la glande pancréatique avec une élévation des taux d'amylase et de lipase) sont également décrites.

Les recommandations de l'Académie nationale de médecine
Face à la diversité de ces manifestations, l'Académie nationale de médecine recommande de prescrire les tests de dépistage du SARS-CoV-2 (RT-PCR et sérologie) au moindre doute, devant tout tableau clinique fruste, atypique ou inhabituel pouvant faire penser à la COVID-19.
Elle préconise également :

  • d'explorer les manifestations neurologiques, endocriniennes ou métaboliques survenant dans un contexte connu ou non de COVID-19 ;
  • d'analyser les troubles cognitifs, leur sévérité, leur évolution et leur persistance en s'aidant d'explorations spécifiques ;
  • et d'évoquer un PIMS en cas de douleurs abdominales intenses et/ou de choc cardiogénique survenant chez un enfant ou un adolescent.
 
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Source : ©Vidal 2019